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Bandonéon

L'ORIGINE DU BANDONEON
Le mot bandonéon vient de Heinrich Band (1821-1860), un facteur allemand d'instruments de musique, qui donne son nom à un "Carlsfelder Konzertina" présenté à l'exposition industrielle de Paris en 1849 par un autre facteur d'instruments, un certain Zimmermann, originaire de Saxe. La famille Zimmermann a vendu son entreprise en 1864 à leur agent de maîtrise, Ernst Louis Arnold, dont les fils fondent la "Alfred Arnold Bandonion und Konzertina Fabrik". Ils produisent alors le meilleur bandonéon de l'histoire, le modèle AA (Alfred Arnold), dit "Doble A" en Argentine.
L'ARRIVEE DU BANDONEON EN ARGENTINE
Le bandonéon est entré en Argentine comme un immigrant. La légende dit qu'un marin européen désargenté l'aurait apporté dans ses bagages et l'aurait vendu à Buenos Aires. L'instrument aurait été repris par les musiciens des orchestres engagés dans les "prostibulos", maisons closes. Au premier contact avec l'instrument, les musiciens parlent du "fuelle", le soufflet, ou du "gusano", le ver qui se tortille sur les genoux du bandonéoniste, comme accroché aux hameçons de ses doigts, ou bien encore de la "jaula", la cage d'où cherche à s'évader la mélancolie des immigrants.
DESCRIPTION DE L'INSTRUMENT
De forme carrée, plus petit que l'accordéon, le bandonéon se présente comme un instrument à vent portatif. L'air est insufflé par un soufflet étiré puis compressé par les bras du bandonéoniste. Aux deux extrémités du soufflet, deux caisses d'harmonies, actionnées par des boutons, renferment un système de languettes métalliques, les anches, mises en vibration sous la pression de l'air. La texture sonore de l'instrument présente une rondeur et un velouté chaleureux. Son soufflet particulièrement souple et ample (complètement étendu, un bandonéon mesure plus d'un mètre) lui permet un phrasé aussi vaste que celui de la voix humaine. |